7.5/10Battlestar Galactica - 2004 - Saison 1

/ Critique - écrit par Nicolas, le 29/12/2005
Notre verdict : 7.5/10 - L'odyssée de l'espèce (Ecrivez votre critique)

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L'odyssée de l'espèce

M6 diffusera vendredi 30 janvier le pilote de la série. Les épisodes ne sont pas encore programmés.

J'ai pu lire à plusieurs reprises, ici et là sur le net, que Battlestar Galactica sonnait le glas de Stargate à tous les égards. Maintenant que je peux parler en connaissance de cause, je me demande encore à quoi sert de vouloir comparer ces deux séries de science-fiction et à rechercher la meilleure. Car il m'est évident que, malgré leur appartenance à un genre similaire, les prétentions ne sont vraiment pas les mêmes. Pourquoi je regarde Stargate ? Parce que la série n'est pas prise de tête et joue à fond la carte de l'humour, parfois au détriment de l'histoire. Pourquoi je regarde Battlestar Galactica ? Parce que la série se dote d'un véritable scénario s'étoffant sur le long terme, et aborde un grand nombre de sujets de discussion intéressants.

Pourtant, le postulat de base de Battlestar Galactica est une récurrence dans le genre de la science fiction : Les humains ont créée des humanoïdes mécaniques (les Cylons) pour des raisons pratiques, les machines ont commencé à réfléchir par elles-mêmes, se sont soulevées, et sont entrées en guerre contre la race humaine. L'élément modificateur, on l'encaisse dès le pilote de la série (2 épisodes de 1H30 chacun) : les humains perdent la guerre. Tout ce qu'il reste de la population des douze planètes colonisées se tasse dans une poignée de vaisseaux, escortés par le dernier bâtiment militaire (le Battlestar Galactica, donc), et vogue à la recherche de la terre promise, la treizième colonie, la mythique Terre (nous, donc).
Les Cylons ne les prennent pas pour autant en chasse, non. Ils ont un dessein. Un « truc vachement énorme » réglé au nanomètre près auquel ils s'accrochent avec une obstination qui force l'admiration. 1er indice : les Cylons sont capables de prendre l'apparence humaine au boyau près, mais sont limités à sept apparences. Une fois l'information en possession des humains, la paranoïa s'installe et donne son premier coup d'accélérateur à la série.
Car il ne s'agira pas ici d'affrontements répétés et de joutes spatiales démentes, même si quelques épisodes verseront dans les effets spéciaux avec un évident plaisir. La guerre est psychologique, pour sûr, et donnera lieu à des déchirements internes édifiants. Reclus dans leurs vaisseaux coloniaux, la race humaine reproduit exactement le mode de vie dont elle disposait sur la terre ferme, incluant le gouvernement, la presse, et le terrorisme. Et si les Cylons restent souvent au centre du débat, il sera consternant de constater que c'est avant tout l'humain en lui-même qui créée ses propres problèmes (plus évident avec la deuxième saison).

L'avantage d'une série à scénario comme celle-ci est assez facile à isoler : des personnages sont propulsés au rang de héros, mais ne bénéficient pas de l'immunité propre aux séries à épisodes distincts. Chaque bouille peut exploser d'un moment ou à l'autre, se prendre trois balles dans le corps pour passer quatre ou cinq épisodes sur un lit d'hôpital, tout ça pour la bonne tenue de l'histoire et du suspense. Et, bien sûr, chaque personnage peut être un traître à la solde des Cylons (puisque la première saison ne nous révèle qu'une partie des visages possibles que peuvent s'approprier les robots). Un suspense bien entretenu, parfois assez artificiellement comme je le soulignerai plus loin, qui pousse à s'enfiler les épisodes sans se stopper malgré leur côté parfois un peu plan-plan (le générique en est le reflet d'une certaine façon ; dommage qu'il résume le contenu en quelques plans le contenu de l'épisode à venir, à chaque coup).
Quand je parle d'un suspense artificiel, j'avoue faire référence à certains personnages. Par exemple, et sans trop vous spoiler la série, nous apprenons dès le premier épisode l'existence d'un Cylon parmi les pilotes, mais que personne ne soupçonne. Résultat, ce point important traîne en longueur sur toute la saison, revient au premier plan quelques instants pour s'enfoncer encore plus profond par la suite, comme s'il s'agissait d'un élément déterminant pour finir la saison en beauté. Le pire reste : le docteur Gaïus Baltar, dignement interprété par James Callis, qui, malgré son comportement extrêmement douteux, est adulé par la quasi-totalité de la flotte (et je passe sur les motivations qui le pousse à faire ce qu'il fait) ; et le pauvre Helo, coincé sur une planète occupée par les Cylons, dont la plus grande utilité est de nous servir de calendrier stellaire en nous donnant à chaque apparition le nombre de jours écoulés depuis l'attaque des Cylons.
Mais impossible de vraiment critiquer l'histoire sans en avoir tous les éléments, et il faut avouer que la première saison se montre avare de ce côté-là, laissant libre cours aux plus folles interprétations. A l'image de ses congénères, le dernier épisode de la série s'achève sur un « à suivre » des plus consternants, suspendant les embrouilles galactiques les plus graves que la flotte ait compté jusqu'à la prochaine saison, et amorçant la venue d'un patrimoine prédicto-religieux qui, sur le long terme, pourrait nuire un tantinet à la série.

Bref, un joli condensé de science-fiction un peu atypique, faisant la part belle principalement aux intrigues politiques et à l'habileté humaine pour se mettre des bâtons dans les roues, quand ce n'est pas autre chose autre part. Dès la fin de la saison 1, la série part dans des considérations croyantes un peu en déphase avec ce que l'on pensait avoir sous le nez, et là il n'y a pas de secret : soit vous y adhérez, soit vous passerez vite votre chemin.