0/10L'Hôpital

/ Critique - écrit par Luz, le 12/09/2007
Notre verdict : 0/10 - L’Hôpital qui se fout de la charité, et moi aussi ! (Ecrivez votre critique)

L'Hôpital, faites vos dons avant que les séries francaises ne disparaissent à tout jamais, pour cause de ridicule.

Oh, chouette ! Une nouvelle fiction hospitalière ! Qui a osé dire « Une de plus... » ? Alors là détrompez-vous.

Une interne folle amoureuse d'un médecin, et son amie, interne aussi, et nymphomane à mi-temps, fille d'un grand médecin, débarquent dans un hôpital où il leur reste tout à apprendre... Je vous arrête, ne cherchez pas Meredith, Izzie, ou encore Callie, ici il n'y aura que Laura et Solenne, et c'est largement suffisant.

Pour les amateurs de ces fantastiques séries télé à l'eau de rose, telles Le Destin de Lisa, sur fond de trauma crânien, ou de bras cassés (et je ne parle pas là que des patients), allumez votre TV la semaine prochaine. La série a essayé de prendre un ton neutre, partagé entre l'envie de nous faire connaître personnellement la vie des personnages, et celle de dévoiler les patients et soins afin de ne pas trop piquer d'audimat aux autres chaînes, et le tout est drôlement bien réussi.


Ce côté un peu trop neutre pourrait sembler plus qu'agaçant pour un public habitué aux bonnes séries, mais avec beaucoup de créativité, le créateur de celle-ci a réussi à nous plonger dans un monde dans lequel nous ne croyons absolument rien de ce que nous voyons, contrairement à Saint Thomas. Outre le fait que les merveilleux acteurs de l'hôpital jouent avec autant de talent que le faisaient leurs prédécesseurs dans le sitcom Le Groupe, ou plus récemment dans Plus belle la vie, le plus surprenant dans cette série reste la rapidité avec laquelle les actions, et intrigues principales ont été lancées dès les trois premières secondes. Tout ce nouveau petit monde n'est plus si nouveau que ça, ils ne couchent pas ensemble, mais c'est sans doute réservé au quatrième épisode, afin de préserver le suspense. Grâce à cette rapidité dans le scénario, il n'y a aucun risque pour que nous, téléspectateurs, nous apprenions à connaître et créer une complicité nécessaire avec les protagonistes, pour se prendre au jeu, et vouloir se mettre à leur place. Aucun temps d'adaptation, et devant le risque inexistant de faire de l'ombre aux autres séries dont celle-ci s'inspire, c'est une fleur formidable que fait là TF1.
Nous passerons sur le côté médical, qui comme la plupart des séries du genre, ne soigne pas le côté réaliste afin de soigner le spectaculaire, pour le plaisir de nos yeux, car là-dessus, on à l'impression de voir MacGyver, en médecin. Et c'est fantastiquement ridicule.

Après tout ces détails futiles, venons-en au principal défaut qui fait tout le charme de la série : les blouses fushia horriblement moches, collant parfaitement au mascara des internes, et permettant de ne pas prendre au sérieux le côté ennuyeux d'un hôpital. Se faire soigner par des chamalows volants, voilà qui a de quoi surprendre plus d'un patient. Et de là, nous comprenons mieux la signification de la chanson d'Edith Piaf « Je vois la vlhopitalie en rose », car nous aussi.

La vision réaliste, glauque, et froide mais non dénuée d'humour des autres séries hospitalières est abandonnée ici, et c'est une grande innovation que nous vivons au travers de cette série d'un niveau de perfection rarement égalé, sans parler des Internes, bien sûr. TF1 a eu du génie en misant sur le second degré de cette série.

Comme le disent si bien ces braves étudiants proposant leur sécu aux portes des universités : « Il y a les plâtres en résine et les plâtres en... plâtre » ; ici c'est pareil, il y a Docteur House, Grey's Anatomy, Urgences, Scrubs, ou il y a L'Hôpital.

Il s'agit donc ici du plus beau ratage télévisuel français de cette rentrée scolaire 2007, à ne pas louper, TF1 a besoin de vous !