6/10Koh-Lanta - Saison 8

/ Critique - écrit par gyzmo, le 21/09/2008
Notre verdict : 6/10 - Denis Brogniard est plus grand en vrai qu'à la télé (Ecrivez votre critique)

Tags : koh lanta saison bertrand epreuve hakim reunifiee

Koh Lanta ? Désolé, connais pas. Mais ça ne nous empêche pas d'en parler. Transversalement, du moins. Et puisque des pages éparses de plusieurs journaux intimes ont été retrouvées, autant en profiter :)

Jour J


Cher journal : ça y est ! L’aventure commence, enfin, après plusieurs mois d’attente – faut dire que le tournage a été retardé de plusieurs semaines en raison des conditions météos catastrophiques. Nous sommes actuellement à bord d’un hélico de l’armée dans la péninsule de Caramoan, aux Philippines. C’est tripant. Mais j’ai franchement le vertige. D’ailleurs, y a comme une odeur de terrine de sanglier périmée dans l’hélicoptère. C’est à la fois dégueulasse et rassurant : quelqu’un doit avoir beaucoup plus les pétoches que moi… En parlant d’eux, je constate que le casting est une fois encore accrocheur… Les nanas sont canons. Les mecs, presque aussi bien charpentés que moi… Le pépé énergique, la top model, la grande gueule : ils sont tous là. Mais c’est étrange car d’après ce que la prod nous a dit : près de trente mille candidats se sont proposés pour cette année… et je constate que presque tous ceux sélectionnés sont originaires du Midi ! Du coup, j’ai l’impression d’être sur une autre planète. (…) Saperlipopette ! Et si je m’étais trompé ? Si en fait j’avais signé pour l’Ile de la Tentation ? T’in, la tuile…


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Jour 4

Pour l’instant, ça roule impec. J’ai eu la veine de tomber chez les Rouges (Les Tayak). Parmi eux, de vraies bêtes de compétition. Le bogoss est un peu spécial. Il m’a parlé d’émail diamant et shampoing anti-pelliculaire pendant des heures. J’ai pas osé le rembarrer parce qu’il est pas méchant. Juste spécial. Y’a le charpentier aussi. Très sympa. Un nounours, comme moi. Il se prend pas la tête. J’aime son aura bouddhiste. Épilées à la perfection (ça semble permanent puisque rien ne pousse nulle part), les filles sont super. A part une. Mais j’ai pas trop tenté une approche. En plus d’être timide et réservé, j’ai pas eu la gaule matinale depuis des jours. Ça m’inquiète. Et puis y a le grand type, là. Il fait pas son âge. Il sait exactement où il veut aller. Une tête. Il est un peu trop dictatorial à mon goût. Mon avis est que si t’es pas d’accord avec lui, tu es contre lui. Faut faire gaffe. Il doit être dans la politique… ou instituteur. Une tête, quoi. Malgré tout, il nous motive et stimule le camp. Dans l’ensemble, je crois qu’on va faire une équipe du tonnerre.

 

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Jour 8

Mais qu’est-ce que j’ai fait à ma bonne étoile pour que je me farcisse des coéquipiers aussi mous ? Ca va être la lose jusqu’à la réunification. Si on arrive à gagner une seule épreuve de confort, ça sera un exploit. Et pour les épreuves d’immunité, va y avoir de la casse, c’est clair. Parce que mentalement et physiquement, les gazelles de mon équipe – qui ont toutes des prénoms imprononçables, n’arrivent pas à la cheville des filles d’en face. Heureusement, y a Tonton. Mais son expérience très utile au camp ne suffit pas. Puis l’autre, là… heu… dont j’ai oublié le prénom aussi… qui se vante champion de natation ? Il nage comme une vache espagnole et passe son temps à patauger après les mollusques… sans une seule touche ! C’est louche. Il aurait ses entrées au cours Florent et compagnie que ça m’étonnerait pas. Après tout, Koh Lanta, ça peut aussi servir de vitrine pour se faire connaître. En tout cas, perso, je vois plutôt le jeu comme une occasion de se valoriser aux yeux de son entourage. Bon. Je vais aller faire un footing d’une heure sur la plage pour me détendre, tiens. Et après, je simulerai un malaise pour aller petit-déjeuner à l’infirmerie. L’entourloupe et les magouilles, ça me connaît. Héhé.

 

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Jour 15

L’équipe technique commence à me casser les pieds… On ne peut plus aller pisser tranquille dans la nature sans qu’un micro perche et son objectif caméra ne sortent de derrière les fougères. Quel intérêt d’immortaliser cela, vous pouvez m’expliquer ? A leur propos, je les soupçonne de nous mettre quelques bâtons dans les roues : nos sous-vêtements en train de sécher qui disparaissent comme de par hasard en pleine nuit. Tenez, l’autre jour, les filles sont allées se baigner au lac. Ils ne se sont pas gênés pour les suivre à la trace afin de faire de gros plans sur leur string ou leur soutien-gorge… Bon, ok. Moi aussi j’étais là, planté en embuscade du haut de mon cocotier. Mais c’était pour chasser, pas pour mater ! Bon sang, j’ai l’impression d’être tombé chez des rednecks pré-pubères. Va falloir mettre le holà à tout ça. Et promptement. Des tours de garde s’imposent… Z’ont pas intérêt à roder dans les parages à la tombée de la nuit. Les accidents dans la pénombre sont si vite arrivés…

 

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Jour 16

Un nounours ? Moi ? [Rire Hystérique] S’ils savaient vraiment quel genre de personne je suis à la ville, ils me fuiraient comme la peste noire ! Je suis un ouf, moi. Un ouf malade, même. Je fais sortir les gens de prisons. Je suis un Tueur de Dragons. J’suis pas un rigolo flagada. A mes heures perdues, je chasse les bipèdes pour m’abreuver de leur sang et faire de leurs viscères encore fumantes une offrande gustative à ma petite tribu ! Sur l’île, je dois cependant me contenir pour dissimuler ma véritable nature. Mais quand vient la nuit, si le froid, les charognards et les moustiques ne les maintiennent pas en éveil, j’observe un à un mes compagnons endormis et j’imagine leur tendre chair accompagnée de légumes, de sauce, de patates rôties ou de tout plein d’autres trucs, tout, sauf du riz. Il me tarde le conseil de ce soir. Je vais pouvoir distraire mon profond appétit en votant contre l’un d’entre eux. Qui choisir ? Le plus décharné, sans nul doute…

 

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Jour 23

Tout le monde s’est rendu compte que cette année ne serait absolument pas riche en suspense, que les Tayak étaient beaucoup trop forts pour qu’un renversement de vapeur n’emballe la machine. Je dois le reconnaître : malgré les efforts de montage pour détourner l’attention vigilante du spectateur, le surprendre à chaque conseil d’élimination ne va pas se faire les mains dans les poches. D’autant que la réalisatrice nous impose des mécaniques de désinformation redondantes d’une émission à l’autre. En fait, c’est systématique : le candidat qui est pointé du doigt (par la table de montage) est certain de rester, et celui qu’on pensait voir sortir, automatiquement et par élimination, sort. Le téléspectateur va comprendre le truc assez rapidement. Ça va être chiant. On s’en était bien sorti la plupart des saisons précédentes avec quelques coups de théâtre fabriqués de toute pièce (bah ouais, ça reste fictionnel !), mais cette fois, c’est mort. On va devoir faire illusion avec deux bouts de ficelles, et quelques focus sur de belles fesses. Quelle déche ! Puis ce Bertrand est un sacré roc. Il remporte toutes les épreuves commando, dirige la danse des éliminations. Ce n’est pas très glorieux, mais beaucoup ici espèrent qu’il va se fouler une cheville ou choper une vilaine tourista. Le hic, c’est que les autres candidats sont tellement en dessous de lui que le virer de la saison rendrait les épreuves physiques aussi amorphes que les jeux d’Intervilles d’il y a trente ans. 

 

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Jour 42

Je suis un peu déçue que l’on m’ait sorti de l’aventure. Et triste aussi. Je ne pensais pas que ça serait aussi dur d’être éliminée par des gens avec qui j’ai partagé des moments forts - car pendant cette parenthèse coupée de notre monde, ils sont les seuls êtres vivants avec qui interagir. Je sais, c’est la règle du jeu. Ce n’est pas du Disney. Les gens ne participent pas à Koh Lanta pour se faire des "amis pour la vie" (même si pour certains, c’est une option non négligeable). L’envie de tester ses limites et de vivre une expérience extrême (sans être dangereuse tant l’encadrement est permanent) sont souvent les raisons invoquées pour justifier les manœuvres stratégiques, les messes basses et les poignards dans le dos. Depuis le temps et pour ces gens-là - qu’ils soient candidats ou producteurs, Koh Lanta n’est rien d’autre qu’une arène dans laquelle on entre en connaissance des choses, et où tous les coups sont permis. Avec 100 000 euros à la clé d’un côté pour le gagnant, et l’espoir de faire de l’audimat de l’autre, faut bien que chacun y trouve son compte, tente sa chance... quitte à passer pour une ordure auprès de la population.