5/10Les Soprano - L'intégrale

/ Critique - écrit par cubik, le 19/12/2012
Notre verdict : 5/10 - le parrain au New Jersey (Ecrivez votre critique)

Tags : saison dvd soprano integrale coffret tony ray

Un chef mafieux notoire a quelques crises de panique et décide d'aller épancher sa vie chez un psy pour se soulager. Non, je ne vais pas vous parler de Mafia Blues, mais bien des Sopranos, la version longue et sérieuse du même pitch.

Avant toute chose, il me semble juste de préciser que je ne suis sans doute pas le public cible pour ce genre de séries. Même si j'aime beaucoup les productions HBO, les histoires mafieuses, et plus particulièrement italo-étasuniennes, m'ont toujours paru d'un intérêt quelconque. Alors pourquoi se fader 6 saisons de 13 épisodes (21 pour la dernière) d'une heure? Je vous répondrais que devant un tel mur d'éloges, la culture générale personnelle doit parfois subir pour comprendre. Ou pas.


Tony et ses proches

Hi. I'm Tony and i have panic attacks

Tony Soprano (James Gandolfini) est un mari et un père comblé. Il vit dans une grosse et belle maison, trompe allègrement sa femme Carmella (Edie Falco), qui fait comme si elle ne voyait rien, et est à l'aise financièrement. Il gâte ses enfants, Meadow (Jamie-Lynn Sigler) et Anthony Jr (Robert Iler). Il gère le business familial, qu'il tente de diversifier. Bien sûr, il souffre un peu à cause de sa mère dominatrice, Livia (Nancy Marchand), mais c'est un peu la tradition dans la communauté italo-étasunienne dont il est issu. Et puis un jour, alors qu'il allait nourrir la famille de canards qui avait élu domicile dans sa piscine, il s'effondre en constatant qu'ils ont migré. Face à cette crise sans cause physique apparente, il décide de consulter le docteur Melfi (Lorraine Bracco), psychiatre, dans le but de dénouer ses nœuds psychologiques. Sauf que voilà, Tony est Don du New Jersey.


Tony et ses "employés" les plus fidèles

Télé réalité ?

Le principe des Sopranos est simple : on suit Tony, ainsi que tout son entourage au quotidien. On constate son ascension au sein de l'organisation dont il ne faut pas dire le nom. On observe les tiraillements entre les valeurs et les traditions d'une communauté face à la violence et à la perpétuelle fuite en avant du monde actuel. Globalement, nous sommes mis devant la vie, tout simplement, d'un individu, avec ses hauts et ses bas. Et comme pour beaucoup de gens, on ne peut pas dire que la vie de Tony soit passionnante. Bien sûr, elle est relativement différente de celle du pékin moyen mais, une fois intégrée l'échelle de valeur locale, on se rend compte qu'on ne s'y ennuie pas moins qu'ailleurs. Les Sopranos font partie de ces séries où on préfère taire beaucoup pour laisser croire que le silence raconte quelque chose. C'est parfois vrai, et sans doute que techniquement, cinématographiquement, ça raconte beaucoup plus d'histoires que je n'en vois, mais personnellement, je n'y ai vu que beaucoup de vide, entrecoupé de morceaux de violence. Entre deux meurtres et tabassages en règle, beaucoup de pauses, un regard dans le lointain, une réflexion à la va-vite lancée en l'air sur le sens de la vie et hop, une série.


Ici, on ne rigole pas, c'est la mafia

Succès

Alors bien sûr, une série n'aurait pu recevoir autant de succès sans quelques qualités. Techniquement, on tape sans doute dans le haut du panier. Rien que la scène finale qui réussit à dire un truc sans vraiment comprendre ce qui se passe, pourquoi ou comment, est à elle seule une leçon de tournage, pour peu qu'on se donne la peine de trouver les explications techniques. Et comme dans toute intimité, les personnages deviennent sympathiques, malgré leur milieu, leurs opinions d'un autre âge ou leur rage. Mais si leurs actes barbares ont parfois des raisons, les motivations restent souvent obscures, si ce n'est que l'opportunité fait le larron. La gratuité des actes mafieux les rend au choix terriblement réalistes ou complètement incongrus, le tout saupoudré d'amour viril et de bonheur familial. Le fait que Tony soit parfois un parfait connard et, d'autres fois un père compatissant, pourrait le rendre totalement crédible si ce grand écart n'était pas tendu à l'extrême. Bien évidemment, cette appréciation dépendra de chacun et si on accroche à cette gymnastique, la série atteint sans doute des sommets de réalisme.


Mon mafieux a du talent ?

La série est disponible intégralement en DVD en version française, et en Blu-ray à l'import.

Les fans de Scorcese et d'histoires mafieuses y trouveront sans doute leur compte. Les déboires d'un mafieux de banlieue avec un appétit gros comme lui intéresseront les amateurs de séries réalistes, avec beaucoup de sexe et de violence. Pour ma part, le folklore italo-étasunien n'a pas suffi à m'accrocher.