8/10Monk - Saisons 1 à 3

/ Critique - écrit par weirdkorn, le 08/10/2005
Notre verdict : 8/10 - The curse of Monk Island (Ecrivez votre critique)

Tags : monk saison episode dvd signor livraison titre

Son nom est Monk, Adrien Monk. Pire cauchemar des criminels en tout genre, son travail consiste à les démasquer coûte que coûte. Mais il doit mettre les pieds dehors pour y arriver et quand on s'appelle Adrien Monk, c'est tout sauf une mince affaire. Monk est étrange, Monk est unique et Monk est surtout compétent. Débarqué sur USA Network en 2002, Monk a permis à la chaîne d'obtenir des audiences record. Bien loin des habituelles séries policières comme New York, Police criminelle ou Les experts, la série se démarque de ses rivales par son ton franchement comique.

Sorte de Columbo névrosé et maniaque, Adrien Monk incarne à lui seul l'esprit de la série. Absolument tout porte sur lui, son caractère, ses innombrables angoisses et bien évidemment ses enquêtes. Devenu quasiment autiste suite à la mort toujours inexpliquée de sa femme Trudi, il est devenu au fil du temps obsessionnel et a développé toutes sortes de manies comme placer chaque objet de façon symétrique ou s'essuyer les mains avec une lingette après avoir salué quelqu'un. Alors qu'il était le meilleur enquêteur de la police de San Francisco, Monk n'est plus aujourd'hui que détective consultant, certes toujours aussi doué, mais requérant la présence d'une assistante pour l'aider à surmonter ses névroses.

Rompant complètement avec les stéréotypes du héros typique, la série nous entraîne à la rencontre d'un individu hors du commun et cela fait plus que fonctionner. Tony Shalhoub interprète de façon magistrale ce personnage bourré de TOC, réussissant à nous attendrir, nous séduire et surtout à nous faire exploser de rire comme le prouvent l'Emmy Award et le Golden Globes reçus pour le meilleur personnage comique. C'est d'autant plus remarquable que Monk s'apparente plus à une tête à claques qu'à un rigolo de service.

Pour épauler Monk, on retrouve des personnages récurrents, à commencer par Sharona, l'assistante au fort caractère. Elle sera d'ailleurs remplacée au cours de la 3ème saison par Nathalie. Indispensable pour le détective, Sharona est sa bouée qui le raccroche au monde réel. Le poussant sans cesse à se comporter d'une façon plus normale, Monk ne réussirait rien sans elle et leur tandem tout en contradiction fonctionne à merveille. Le détective doit bien travailler et les affaires lui sont confiées par le capitaine Stottlemayer et Disher, son adjoint. Entre le bon flic un peu bourru sans cesse excédé par les manies d'Adrien et le jeune officier énergique naïf qui voue une admiration sans faille à ses compétences, on a là aussi une belle paire comique.

Seules les enquêtes manquent un peu de piment et rabaissent le niveau de la série. Construites sur le schéma classique du meurtre/résolution/conclusion, elles peinent à vraiment captiver, contrairement à un Columbo. Même si elles sont tordues et suffisamment bien pensées, elles demeurent moins palpitantes. On prend plus de plaisir à suivre tous les travers et bizarreries de Monk qu'à connaître l'identité de l'assassin et c'est sur ce point qu'il faudrait travailler afin d'obtenir une série quasi parfaite.

Comme l'indique son titre, Monk c'est un personnage avant d'être une série policière. Jamais on n'a vu de détective à ce point peu conventionnel et Tony Shalhoub donne vie d'une façon admirable à ce névrosé totalement traumatisé par la mort de son épouse. A voir bien plus pour lui que pour le scénario, certes bon, mais qui manque souvent d'un peu de piment au niveau de l'enquête.