6.5/10Profiler

/ Critique - écrit par riffhifi, le 26/06/2007
Notre verdict : 6.5/10 - Morts en série (Ecrivez votre critique)

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Morts en série

En 1995, Seven faisait un carton. L'occasion pour les producteurs hollywoodiens de livrer leur lot de ‘serial killers flicks' opportunistes, de Copycat à Resurrection. On pourrait croire que la série Profiler, lancée en 1996, est née de cette mode, et ce ne serait bien sûr qu'à moitié faux. Mais ce serait oublier que l'origine de la série est plutôt à chercher du côté d'un film de 1993, When the bough breaks (sorti en vidéo en France après la série, sous le titre Le profiler...). Le casting comprenait Martin Sheen et Ron Perlman, mais leur présence était éclipsée par une incroyable actrice de 32 ans appelée Ally Walker...

Sam Waters (Ally Walker) exerce un métier bien connu de Pascal Légitimus : profiler. Mais bien sûr, elle triche : son intuition féminine ultra-développée lui permet d'avoir des visions qui l'aident à appréhender la personnalité des meurtriers. C'est grâce à ce don qu'elle s'est attirée l'attention et l'amour d'un fou furieux surdoué surnommé Jack-of-all-trades, qui a tué son mari et compte bien faire de même avec tout homme s'approchant un peu trop d'elle.

Accessoirement, elle travaille au VCTF (Violent Crime Task Force) avec son ami Bailey Malone (Robert Davi) et une équipe de spécialistes qui ont pour tâche de débusquer un nombre invraisemblable de tueurs en série (un par semaine pendant quatre ans, c'est plutôt inquiétant, non ?).

Attention ! La critique saison par saison peut nuire à l'effet de surprise ...

Saison 1 (1996-97)

Sam Waters (Ally Walker)
Sam Waters (Ally Walker)
La première saison est la plus classique, respectant dans chaque épisode un format quasiment immuable : le tueur de la semaine est présenté dans le prégénérique, le VCTF mène l'enquête avec diligence pendant que Jack-of-all-trades mijote quelque coup fumeux dans son coin, et Sam tente de se ménager quelques moments de tranquillité avec sa fille. L'ambiance est bien sombre (selon les critères télévisés de l'époque en tous cas, car ces dix dernières années ont repoussé les limites de l'acceptable dans ce domaine), et le climat de mystère qui entoure le personnage de Jack participe beaucoup à l'attrait de la série.

L'intérêt principal, néanmoins, comme dans le film When the bough breaks, est la présence de Ally Walker, qui apporte son charisme étrange et tout en retenue au personnage de Sam. Sans être un idéal féminin (blonde certes, mais jolie sans ostentation), Ally Walker donne à la série son essence, et lui apporte la qualité que les scénarios et la réalisation lui refusent parfois...

La musique du générique, composée par Angelo Badalamenti, n'est pas non plus étrangère à la fascination qu'exerce en partie la série (au moins sur les esprits faibles comme moi).

Saison 2 (1997-98)

Convaincu d'avoir, au bout d'une vingtaine d'épisodes, fait le tour des serial killers et de Sam Waters, les scénaristes décident de mettre en avant les personnages secondaires. Ce qui n'est pas un mal lorsqu'il s'agit de Bailey Malone - Robert Davi est un acteur impressionnant, vu en méchant dans Permis de tuer en 1989 ; mais s'avère particulièrement inutile lorsqu'il est question des autres, généralement assez transparents (à commencer par Julian McMahon, qui démontrait déjà, avant Charmed, Nip/Tuck et les 4 Fantastiques, qu'il avait le charisme d'un gant de toilette).

La saison se défend pourtant assez bien, notamment en mettant Jack à l'honneur et en lui offrant une associée, Sharon, interprétée par l'ex-actrice porno Traci Lords.

Saison 3 (1998-99)

La troisième saison, dès ses premiers épisodes, marque déjà le début de la fin. Le générique change : adieu les images de cauchemar, adieu la musique de Badalamenti, remplacée par un morceau de Danny Lux (compositeur de séries de science-fiction comme V, Star Trek et Sliders). Le ton change sensiblement aussi, laissant plus de place à un humour dont on se passerait facilement. Jack est arrêté dès le premier épisode, et passe le reste de la saison en prison, à visage découvert.

La pire idée de la saison consiste à organiser un crossover avec une autre série de NBC, le Caméléon : les deux univers sont incompatibles, le double épisode est ridicule.

Ally Walker, pas bête, pose sa démission.

Saison 4 (1999-2000)

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le départ du personnage principal n'est pas forcément synonyme d'arrêt de la série (bien que qualitativement, ce soit généralement le cas). C'est ainsi que X-files a perduré deux saisons au-delà de la disparition de Fox Mulder...

Pour Profiler, la remplaçante d'Ally Walker était toute trouvée : Jamie Luner joue Rachel Burke, une rousse incendiaire à forte poitrine qui (surprise) a le même don de double vue que Samantha. Navrant.

La saison, on s'en doute, ne vaut pas un clou (et réitère l'idée consternante de crossover avec le Caméléon), et la série est arrêtée pour le plus grand soulagement du téléspectateur.

Bien qu'il soit dommage d'avoir trop tiré sur une corde qui ne présentait pas assez de résistance, Profiler jouit de deux saisons vraiment agréables, qu'il vaut mieux laisser séparées de leur suite biodégradable...