6.5/10Robin des Bois - Saison 3

/ Critique - écrit par riffhifi, le 07/09/2009
Notre verdict : 6.5/10 - Frère/Tuck (Ecrivez votre critique)

Tags : robin saison bois episode jean sherif series

La série laisse filer l'occasion de finir dignement, et rallonge la sauce à coups de rebondissements jusqu'à un final excessif. Dommage, il y a de quoi noyer l'aspect culte des débuts.

Attention, spoiler de la saison 2

On pouvait légitimement se demander comment le Robin des Bois de la BBC se relèverait de sa deuxième saison, avec son final épique et dramatique qui ne résolvait pas pour autant le cœur de l'intrigue. Avec cette troisième année, les auteurs se dispersent, gâchent leurs chances, jouent la sécurité et donc la répétition, mais échouent à donner un final satisfaisant à la série. Une chose est Isabella (Lara Pulver)
Isabella (Lara Pulver)
officielle néanmoins : il n'y aura pas de saison 4.

Après la mort de Marianne et le départ du couple formé par Will et Djaq, il devenait urgent d'introduire de nouveaux personnages pour fidéliser le public. Accueillons donc les deux figures longtemps attendues : frère Tuck et le Prince Jean. Le premier constitue la plus grande surprise, puisqu'en lieu et place du petit rondouillard aviné de la légende, on nous présente un grand black svelte et athlétique. Admettons. De toute façon, le personnage n'occupe le terrain que dans les premiers épisodes (les moins intéressants), avant de s'effacer pour ne plus être qu'une silhouette anecdotique. En revanche, le Prince Jean interprété par Toby Stephens (le bad guy du James Bond Meurs un autre jour) correspond à l'image traditionnelle : un couard maniéré dont la seule ambition est de se hisser sur le trône d'Angleterre à coups de vilénies. Son arrivée dans la série semblait annoncer la fin de l'intrigue... mais il quitte finalement Nottingham au bout de quelques épisodes, laissant les personnages aux prises avec une curieuse histoire de famille développée par des scénaristes soucieux de ne pas rééditer le final habituellement associé aux aventures de Robin des Bois. Du coup, les treize épisodes de cette ultime saison se voient répartis en trois mouvements : un premier au cours desquels Robin, dépressif, se trouve vaguement mis en retrait dans une suite d'intrigues poussives ; un deuxième dans lequel le Prince Jean fait
son arrivée à Nottingham, fait avancer la situation et repart vers Londres ; et un troisième où les auteurs se hâtent de tisser une nouvelle intrigue qui permettra de résoudre dans le bruit et la fureur les relations entre les personnages en place, en introduisant rapidement un nouveau zig sorti d'un chapeau.

Le départ des deux femmes de la série entraîne l'arrivée de deux nouvelles, étrangères à la légende : la blonde villageoise Kate rejoint bien vite l'équipe de Robin après la mort de son frère, tandis que la brune Isabella, sœur de Guy de Gisbourne, laisse planer un mystère constant sur ses intentions et son caractère. Gisbourne lui-même passe son temps à faire la girouette, passant de la fourberie la plus crasse à une pureté de cœur excessive ; un ratage comparé à la subtilité dont le personnage faisait l'objet dans les deux premières saisons. Les autres sont fidèles à leur précédente incarnation, mais ne présentent pas de développement particulier : le shérif est odieux, Petit-Jean est bourru, Much est attendrissant, Allan est arrogant et Robin fronce ses sourcils soucieux de beau gosse rock-star. Mais l'attachement que l'on peut avoir aux personnages ne sauve pas pour autant les épisodes de la répétition et du "n'importe quoi". Heureusement, le milieu de saison recèle son lot de bons moments, et laisse imaginer ce qu'aurait pu être le final s'il avait été traité de façon plus "traditionnelle".