7.5/10Scrubs - Saisons 1 à 4

/ Critique - écrit par Vincent.L, le 16/07/2005
Notre verdict : 7.5/10 - Saison 1 (Ecrivez votre critique)

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Critique des saisons 1 à 4

John Dorian (Zach Braff), Chris Turk (Donald Faison) et Elliot Reid (Sarah Chalke) sont trois jeunes internes en médecine à l'hôpital « Sacred Heart ». Malgré un quotidien pas toujours évident, ils trouvent toujours le moyen de s'embarquer dans des délires insensés...

Après le succès pendant 6 ans de la série Spin City créée en 1996, Bill Lawrence se lance en 2001 dans une nouvelle aventure télévisuelle intitulée Scrubs, diffusée sur NBC aux États-Unis et sur Paris Première en France.

Derrière ce nom se cache une sitcom plantée dans un hôpital, à des lieues du conformisme des séries les plus connues sur le sujet. Entre franche comédie et évocation d'une réalité hospitalière loin de l'être en permanence, Scrubs étonne par son habilité à jongler entre les genres. L'humour tout d'abord, est l'aspect le plus évident. En suivant constamment les pensées de J.D., le héros incarné par l'acteur-réalisateur Zach Braff (Garden State), on entre intimement dans sa drôle de vie professionnelle et privée. Si la plupart adhéreront au narcissisme et à l'égocentrisme du personnage, d'autres l'auront en horreur. Autour de lui, les gags puériles rencontrent les situations délirantes et les dialogues percutants.
Les second rôles constituent un panel varié de sensibilités qui apportent chacune des spécificités comiques: Elliot Reid - la blonde stressée et tête en l'air -, Chris Turk - l'interne noir en chirurgie joueur et tendre -, Perry Cox (John C. McGinley) - le docteur autoritaire et névrosé -, Bob Kelso (Ken Jenkin) - le médecin en chef qui se plaît à être infect et injuste -, Carla Espinosa (Judy Reyes) - l'infirmière latina cassante et bonne amie -, Laverne Roberts (Aloma Wright) - l'infirmière prétentieuse et follement curieuse -, Jordan Sullivan (Christa Miller) - l'ex-femme ambiguë et trop directe -, Ted Buckland (Sam Lloyd) - le juriste dépressif -, Doug Murphy (Johnny Kastl) - l'interne incapable et peureux -, Todd Quinlan (Robert Maschio) - le chirurgien crétin et vulgaire - et l'homme de ménage bougon dont on ne connaît pas le nom (Neil Flynn).

Si on y rajoute le véritable fourmillement de "guest stars" prestigieuses qui excellent toutes sans exception dans leurs interprétations, on obtient une source quasi intarissable de renouvellement scénaristique. On retient surtout Brendan Fraser en patient amusant qui se comporte comme un gamin, Tara Reid en petite amie facile et peu raffinée, Heather Graham - particulièrement en forme - en docteur Molly totalement déjantée, Colin Farrell en irlandais violent et timbré, Heather Locklear en femme fatale, Amy Smart en petite amie de rêve, Michael J. Fox en docteur malade, Richard Kind (Paul dans Spin City) en patient hypocondriaque et près de ses sous. Les passages de Matthew Perry (aussi à la réalisation d'un épisode) et de presque tous les acteurs principaux de Spin City - Barry Bostwick (le maire), Alan Ruck (Stuart), Michael Boatman (Carter), Alexander Chaplin (James) - marquent moins.
Mais là où Scrubs gagne sa plus grande force, c'est avec son ton parfois grave et totalement premier degré. Avec une habileté sans égale, la narration de Zach Braff permet de traiter de problèmes sérieux qui s'ancrent dans une réalité quotidienne: tels la difficulté d'être médecin, les doutes, la peur, le mensonge, les maladies incurables et la mort. Aussi, entre les nombreux gags, les personnages construisent des histoires d'amitié, d'amour, de sexe, d'admiration, de compétition entre les services et les individus, d'engagement, de fidélité, d'identité culturelle et de morale.

A la fois drôle et souvent pertinente dans les réflexions existentielles qu'elle propose, Scrubs est une série multi-facettes qui a de quoi toucher de nombreuses personnes. Si l'on remarque quelques redites dans les procédés comiques de la saison 2 et 3, les 4 premières saisons diffusées à ce jour par NBC sont d'une qualité constante. Les fans de Garden State pourront y retrouver deux épisodes réalisés par Zach Braff et qui préfigurent le style visuel de son premier long métrage.