6/10The L Word - Saisons 1 et 2

/ Critique - écrit par Djak, le 19/06/2005
Notre verdict : 6/10 - lesABien (Ecrivez votre critique)

Tags : word saison bette alice tina episode shane

Jenny, jeune diplômée en littérature vient s'installer chez son petit ami Tim à Los Angeles. Rapidement, elle fait la connaissance de Bette et Tina, un couple de lesbiennes qui tente d'avoir un bébé. Pour Jenny, cette rencontre va être le point de départ de son entrée dans une communauté qui lui était jusqu'alors inconnue : celle des lesbiennes. De fil en aiguille, la jeune fille va être amenée par l'intermédiaire de ses voisines à rencontrer et à être intégrée dans le cercle des amis de Bette et Tina. Jenny va alors profiter de cette ouverture pour en apprendre un peu plus sur elle-même et sur les autres, mais aussi pour poursuivre son travail d'écrivain.

Diffusée depuis début janvier 2004, la série L Word commence à faire parler d'elle, que ce soit en Amérique ou encore plus récemment en France avec sa diffusion sur Canal +. Le succès est donc une fois de plus au rendez-vous pour une série américaine. Pourtant, au début, peu de personnes croyaient en ce projet, tant il est vrai que faire une série traitant du monde lesbien peut faire sourciller.

A la base, L Word, un projet de la chaîne Showtime, ne devait être qu'un film sur la communauté lesbienne. La chaîne privée américaine s'inquiétait, malgré le succès de Queer As Folk, de trouver un public régulier à la série, mais surtout de dénicher des actrices prêtes à jouer des homosexuelles pendant au moins une saison. L'accueil favorable de la presse et la motivation de l'équipe de la série ont ainsi permis au pilote de devenir la série actuelle, série qui vient juste d'achever sa deuxième saison aux Etats-Unis.
Devant un tel succès, de telles critiques, on peut se demander ce que la série a de si particulier, car en effet excepté le fait qu'elle mette en scène des lesbiennes, la série reste sur la forme et le fond assez basique. Showtime, la créatrice Ilene Chaiken et la scénariste Guinevere Turner ont tout fait pour que la série ait un succès important et soit suivie régulièrement. L Word aborde des thèmes variés, gravitant autour de l'homosexualité féminine bien sûr, tels que la vie de couple, le rejet des autres, l'adoption... ou encore des sujets plus larges pouvant toucher un panel plus étendu de spectateurs. L Word soulève donc des questions, aborde quelques problèmes de société de façon sensible et réelle.

Malheureusement, la série n'est pas exempte de défauts. A trop vouloir montrer le monde lesbien, L Word perd de son réalisme. Ainsi, à en croire la série, non seulement les lesbiennes ne fréquenteraient que des lesbiennes, mais aussi - à quelques exceptions près - se cacherait en chaque femme une lesbienne. Au final cet acharnement lasse, décrédibilise la série et fatigue le spectateur. Idem concernant un autre point de la série : l'actrice Jessica Beals a dit pendant une conférence de presse que « le sexe est partout dans la vie, la série a voulu rendre cet aspect ». Ici, la question n'est pas de savoir si le sexe est effectivement omniprésent dans notre vie, mais en tout cas il l'est dans la série. En effet, il ne se passe pas dix minutes sans qu'une fille se retrouve nue entre les jambes d'une autre. Si dans certains passages cette sexualité montrée est justifiée, dans de nombreux autres elle ne sert à rien si ce n'est a attirer un spectateur lambda en manque. Cette surexposition du sexe dans la série entraîne un autre problème : au fur et à mesure des épisodes, on monte dans une surenchère des scénaristes qui, ne sachant plus quoi inventer, font quasiment coucher tout le monde avec tout le monde. Déconcertant.
Pourtant, les points négatifs sus-cités sont paradoxalement pour une partie du public l'attrait de cette série ovni car il est rare de pouvoir voir autant de sexe si ouvertement dans une série, et ce a fortiori quand il s'agit de relations homosexuelles.

Dommage donc, car la série a des atouts, tout particulièrement le jeu des actrices très convaincant et saisissant. Aucune des actrices principales ne tire réellement son épingle du jeu car chacune joue avec justesse son rôle. Ces derniers sont le point fort de la série. On voit que l'équipe de la série a fait un effort certain sur la création des personnages afin de leur donner une identité, un caractère vraiment intéressant, tout en les faisant évoluer considérablement mais de manière crédible au long de la série.

Niveau montage et réalisation, rien d'original à signaler. La directrice Rose Troche fait un travail acceptable, bien que sans grande originalité. Une mise en scène et un montage un peu plus personnels auraient certainement pu donner à l'oeuvre une identité encore plus forte.
Enfin, cette série, comme toutes les séries à l'heure actuelle, se pourvoit d'une musique branchée, éclectique, visant elle aussi un très large public. Seule exception, la présence sur la B.O. de groupes américains dont le leader est homosexuel ou bien dont tous les membres sont des filles. A ce sujet, ces quelques groupes ont droit bien souvent à un passage en guest dans la série.