3/10Timsit (Patrick) - The one man stand-up show

/ Critique - écrit par riffhifi, le 20/11/2008
Notre verdict : 3/10 - A l’Olympia, Timsit croit être un dieu (Ecrivez votre critique)

Retour au one man show après 13 ans d'absence pour Patrick Timsit : il est content de revenir, il le dit, et il en profite pour ajouter que les autres sont des cons. On supportera facilement 13 nouvelles années d'absence.

On n'avait pas vu Patrick Timsit en one-man show depuis 1995. Il ne s'est pas pour autant tenu éloigné de la scène, puisqu'il a joué L'emmerdeur avec Richard Berry de 2005 à 2007, incarnant un François Pignon qu'il s'apprête à cristalliser au cinéma dans le remake que Francis Veber réalisera lui-même. Mais tout seul en piste, sans décor, sans autre arme que ses vannes, il y avait treize ans qu'il ne l'avait pas fait. La perspective de se produire à l'Olympia, séduisante, l'a poussé à écrire un nouveau spectacle : assisté en cela de Bruno Gaccio et Jean-François Halin, connus pour leur travail sur Les Guignols de l'Info (le deuxième est également coscénariste des films de Timsit), le comique s'est rodé par une tournée en province avant de venir jouer à Paris. Le spectacle tel qu'il est présenté sur le DVD a été filmé le 15 mars 2008.

Le début annonce la couleur : Timsit se la pète grave. Son entrée en scène tonitruante, sur une chorégraphie de Mia Frye dont on expliquera dans les bonus qu'elle a poussé à leur maximum les capacités physiques du gars qui n'en a aucune, est accompagnée d'effets pyrotechniques qui claquent et suivie de vannes sur Polnareff, qui se fait plus ou moins traiter de vieux rabougri sans plus de développement. Les 90 minutes qui suivront ne seront pas plus finaudes : les sketches s'attaquent aux sujets les plus tartes à la crème du genre, sans offrir aucune idée, aucune invention, sans déranger le public (malgré l'image de provocateur que Timsit se décerne), mais en cassant au maximum ses confrères artistes. Qu'il se farcisse Christian Clavier ou Faudel en raison de leurs fidélités politiques, passe encore (Sarkozy est d'ailleurs la seule personnalité politique à laquelle il s'attaque, à l'aide de tous les lieux communs à sa disposition), mais citer Marc Lévy ou Guy Bedos en évoquant simplement leur supposée nullité pour mieux passer à la suite, c'est d'une telle facilité qu'on pourrait y voir un règlement de compte. A la limite, ces agressions bêtes et méchantes pourraient sembler moins mesquines si Patrick Timsit avait le goût de l'autodérision ; mais là où on attendrait un minimum d'humilité de la part du réalisateur d'un épouvantable navet comme L'Américain, on ne reçoit qu'autosatisfaction au cours d'une scène où il se félicite d'avoir tourné avec Richard Berry et Thierry Lhermitte, et où il admet que son pognon et son mode de vie le privent de tout avis intéressant sur les problèmes de la société.

Flattant tous les bas instincts du public (sans vulgarité, il faut l'admettre), Timsit se le met dans la poche avec d'autant plus de facilité qu'il possède une personnalité attachante et connue. Ses beuglements en fin de phrase, qui se transforment en sourires de complicité, font presque oublier la bêtise et la vacuité de ses propos : les chercheurs ne servent à rien, les Américains sont des cons, Sarkozy est un excité, le racisme c'est pas bien mais les Portugais sont moches... S'abritant derrière l'excuse du second degré pour tenir des propos simplement beaufs, il brouille les pistes afin de satisfaire le plus grand nombre, remplir l'Olympia et vendre des DVD. Franchement, il n'y a pas de quoi rire.

L'édition n'est pas avare en bonus :

  • Deux rappels, dont une reprise de l'ancien sketch Koumac. L'occasion de se rappeler qu'il y a 13 ans, Timsit était drôle.
  • Deux sketches alternatifs, tels qu'ils ont été joués en province. L'un des deux est appelé Paparazzi, et démontre que dix ans après le film d'Alain Berbérian dans lequel il jouait, Patrick Timsit n'a rien de plus à dire.
  • Un documentaire de 43 incroyables minutes à la gloire du comique, appelé Fallait pas le réveiller. Ceux qui doutaient encore que Patrick Timsit ait la grosse tête en auront désormais la certitude. Malgré sa longueur, le documentaire n'aborde à aucun moment le fond du spectacle, qui est au mieux désigné par la star comme « les trucs qu'il a à dire » (cité de mémoire).
  • Quatre improvisations, dont trois enregistrées en Belgique, qui montrent l'aisance sur scène d'un homme qui sait jouer avec le public.
  • La vidéo Patrick Timsit comme dans la vie (15 minutes), suite de l'autopromotion précédente, qui cherche à rappeler à quel point Patrick Timsit est un mec cool.
  • En bonus caché, la chanson 1000 colombes chantée en tecktonik par Timsit. Aucun intérêt, mais ça ne dure qu'une minute.