9/10Spin City

/ Critique - écrit par camite, le 14/07/2004
Notre verdict : 9/10 - Des hommes d'influence (Ecrivez votre critique)

Tags : saison spin city maire series michael pole

Le principe : à New York, le quotidien d'une équipe de Spin Doctors chargés de maintenir le maire Randall Winston en bonne position dans les sondages. De quoi plancher entre les grèves, projets urbains, manifestations publiques diverses et autres problèmes d'actualité liés à une mégalopole comme la grosse pomme. Le hic : le maire commet gaffe sur gaffe et réagit la plupart du temps comme un enfant de huit ans. Accessoirement, son bras droit excite régulièrement la partie féminine du personnel.

Lancée en 1996 sur la chaîne américaine ABC et créée par Gary David Goldberg et Bill Lawrence, Spin City sort des studios Dreamworks de Spielberg. Dès le début, la série compte un atout de poids en la personne de son acteur principal : Michael J. Fox. L'immortel Marty McFly des Retour vers le futur, plus assez bankable pour le cinéma, trouve ici un rôle éloigné de ses multiples apparitions en ado attardé par l'âge du personnage, mais pas par son comportement. La sitcom s'embarrasse en effet rarement de vraisemblance. Tous les personnages de Spin City adoptent ainsi un comportement totalement surréaliste qui fonctionne à merveille pour le spectateur.

Outre les règles bibliques du genre (trois intrigues croisées par épisode, un gag toutes les cinq secondes sinon le public s'ennuie etc.), les scénaristes jouent sur les contrastes énormes entre les différents persos néanmoins servis par des comédiens à la complicité contagieuse : le maire incompétent mais chaleureux et son bras droit opportuniste, malin et manipulateur ; l'obsédé sexuel Stuart qui finira par habiter chez l'homo raffiné Carter ; le provincial naïf James constamment moqué par Paul, l'attaché de presse marié et avare...

Au terme de la quatrième saison, Michael J. Fox tire sa révérence pour se consacrer au combat qui le confronte à la maladie de Parkinson. Mike Flaherty laisse donc sa place de bras droit du maire à Charlie Crawford, interprété par un Charlie Sheen un peu trop impassible dans son jeu mais judicieusement adapté au rôle. Les personnages féminins, pas toujours les mieux servis dans Spin City, se retrouvent par la même occasion concentrés en la seule Caitlin Moore, campée par une Heather Locklear (Melrose Place) qui a gagné en assurance comique depuis son apparition lors de la quatrième saison. A ce sujet, relevons quelques perles de second degré qui s'invitent parfois aux côtés des gags de situation déjà très drôles, comme ce « Oh allons, on n'est pas dans une de vos séries à l'eau de rose » lancé par Michael J. Fox à la débutante Locklear. Les multiples apparitions de guest stars (Alyssa Milano, Heidi Klum, Woody Harrelson...) permettent également de savoureux clins d'oeil dont le sommet arrivera avec Christopher Lloyd, le Doc de... Retour vers le futur.

Malheureusement privée de diffusion régulière en France ces derniers temps (surtout concernant la sixième saison), Spin City passe en rediffusion jusqu'à la fin de l'été sur les différents Canal+. Maigre consolation pour ce bijou de drôlerie et de timing comique, d'autant qu'aucun DVD zone 2 n'existe à ce jour.