7/10The River, du Blairwitch dans la jungle

/ Critique - écrit par Maat, le 27/03/2012
Notre verdict : 7/10 - A voir au fil de l'eau (Ecrivez votre critique)

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The River est, si vous savez passer outre les quelques incohérences chronologiques, une série fantastico-horrifique intrigante de huit épisodes. Ce n’est pas la série de l’année, mais l’idée est bonne et la réalisation pas trop mauvaise, à condition de supporter le format filmé à la documentaire. Le début est quelque peu poussif (trois premiers épisodes je dirais), le milieu de saison est haletant (trois ou quatre suivants) et la fin est… mitigée, entre « j’ai envie d’en savoir plus » et « mais c’est quoi ce délire ? » (dernier épisode).
Au final, The River ne fait pas tant peur que ça, et intrigue plus qu’elle ne fait frissonner, malgré quelques moments inquiétants et pesants, assez inégaux selon les épisodes. Du huis clos nautique à l’immensité de la jungle, on se retrouve immergé dans cette ambiance mi magique mi horrifique.
L’audimat n’étant pas particulièrement au rendez-vous, il est question de continuer sur NetFlix en VOD. À suivre... car les dernières secondes de l’épisode final donnent envie d’en savoir plus.

The River, du Blairwitch dans la jungle
Emett Cole, l'aventurierThere is magic out there

Telle est la phrase récurrente d’Emett que l'on entend à chaque début d'épisode. Ainsi, vous savez à quoi vous attendre : la série aura une forte connotation paranormale !
Emmet est un aventurier célèbre, qui produit des documentaires pour un network. Il est porté disparu lors d’un de ses déplacements en Amazonie. Sa femme et son fils, qui l'ont toujours accompagné, n'étaient pas là cette fois-ci. L’équipe de production d’Emett vient alors les trouver pour leur proposer de financer sa recherche, à la condition sine qua non de filmer tout ce qui se passe, pour en faire une sorte de télé réalité enquête. Ils retrouvent alors rapidement le bateau de l’aventurier, au plein cœur de la jungle. Après l'avoir réparé, les voilà d'attaque pour la résolution du mystère de sa disparition. Découvrant au fur et à mesure ce qui lui est arrivé, en visionnant les rushes du documentaire, ils enquêtent.

The River, du Blairwitch dans la jungle
Lena et Lincoln
Mais qui sont donc ces étranges personnages ?

- Le héros, autour duquel la série tourne, est Emett Cole, joué par Bruce Greenwood, qui est apparu dans nombre de films reconnus tels que I-Robot, Déjà-vu ou encore Star Trek. Acteur Québécois de son état, il incarne un personnage fantasque, qui se veut charismatique (même si, sur ce point, je ne le trouve pas extraordinaire) et quelque peu empreint de folie. On le voit surtout en solitaire, et, dans ces phases là, son jeu d’acteur m’apparaît crédible. Ce n’est pas le cas des phases de groupe.
- Lincoln Cole, fils d’Emett, est lui, je trouve, plus charismatique... seulement le rôle octroyé semble ne pas coller parfaitement. Il est censé être plus effacé, plus timoré, mais on sent qu’il a plus de potentiel que cela. Étudiant en médecine, c’est un peu un superman de la chirurgie mais on lui pardonne ! Joué par Joe Anderson qui, malgré le costume un peu trop petit pour lui à mon goût, est très bien dans le personnage.
The River, du Blairwitch dans la jungle
Tesse Cole
- Tesse Cole, femme d’Emett est un personnage assez ambigu, pas manichéen pour un sou, qui n’a qu’un seul objectif : retrouver son mari, peu en importe le coût. L’actrice, Leslie Hope, a pour principal fait d’arme d’avoir joué la femme de Jack Bauer dans 24.
- Lena Landry, amie d’enfance de Lincoln, et fille du cameraman d’Emmet, est la jolie fille de service, douée dans plein de domaines, et très mystérieuse. C’est un peu le pendant de Lincoln au féminin, en moins charismatique. Elle est jouée par Eloise Mumford qui n’est pas particulièrement connue.
- Clark Quitely est, lui, le producteur d’Emett, qui se lance dans l’aventure. Personnage fort ambigu dont on n’arrive pas vraiment à cerner les motivations… Paul Blackthorne incarne le personnage. Il a aussi été le personnage principal de la série Dresden Files. Peut-être un peu trop effacé à mon goût, voire même anti-charismatique tant j’ai du mal à me souvenir de sa tête à chacune de ses apparitions !
The River, du Blairwitch dans la jungle
Kurt
- Kurt Brynildson est un agent de sécurité Allemand qui, lui aussi, a des motivations bien étranges…
- Les différents cameramen (et women) n’ont pas une importance énorme dans la globalité du récit, mais apportent des touches au scénario à mesure que la série avance.
- Emilio et Jahel Valenzuela, père et fille, sont les mécaniciens du Magus (le bateau). Le père n’est, au final là, que pour justifier la présence de sa fille. Cette dernière, qui ne parle quasiment qu’Espagnol, arrive à tout comprendre, ou presque, et à toujours se faire comprendre. Elle a la vingtaine et sait de nombreuses choses sur les mystères du Boiuna (l’affluent de l’Amazone qu’ils empruntent). Peut-être un peu trop à mon goût, tant tout est facilité par cette jeune Sud Américaine. L’actrice surjoue un peu, mais participe à l’ambiance inquiétante de The River. Ces deux derniers personnages sont eux aussi emplis de mystères…

The River, du Blairwitch dans la jungle
L'équipage du magus à ses débuts
Et la réalisation dans tout ça ?

Comme dit plus haut : si vous n’aimez pas les caméras qui bougent, fuyez pauvres inconscients ! Sinon, c’est beaucoup moins brouillon qu’un Blair Witch ou autre Paranormal Activity (dont les réalisateurs sont… les mêmes que The River, tiens donc !), les plans sont tout de même très posés comme dans un documentaire. Ça ne fait pas film amateur. Quelques astuces dues au scénario permettent d’avoir des caméras fixes sur le bateau, ce qui n’est pas négligeable pour le « réalisme » de scènes où il n’y a pas forcément un caméraman. Évidemment, du coup, il y a des ficelles scénaristiques un peu tarabiscotées, en raison du mode de réalisation. Un caméraman est parfois devant le groupe alors que le danger menace, que Kurt a son arme au poing…
The River, du Blairwitch dans la jungle
Un peu d'action !
De plus, la chronologie est parfois assez… approximative, toujours pour pouvoir retomber sur les pattes dans le scénario. En n’y prêtant que peu attention, on se laisse porter par le récit.
Dans les mêmes ressorts scénaristiques, on a souvent à faire à des flashbacks, toujours sous forme de documentaire, puisque la famille Cole a vécu toute l'enfance de Lincoln avec une caméra pointée sur eux.
Puis, en retraçant le parcours d’Emett, on visionne souvent des passages de son documentaire actuel, donc non terminé, répondant souvent (comme par hasard) à des questions que se pose le groupe.
Les effets spéciaux, assez rares mais présents tout de même, sont vraiment minimalistes et ne constituent pas du tout le fond de commerce de The River.
L’ambiance sombre du fleuve et de la jungle me rappellent un peu mes lectures de Riverdream, et, si ce n’est pas angoissant, c’est au moins oppressant ! J’adore ces ambiances fluviales horrifiques...

Et vous lecteurs de Krinein, qu'en avez vous pensé ?