On a découvert l'an dernier le quartier de Wisteria Lane, symbole de la communauté bourgeoise bien pensante et propre sur elle, et quatre femmes qui y ont élu résidence : Bree, Susan, Lynette et Gabrielle. Sous leur allure de bonne mère de famille ou d'épouse modèle se cache pourtant des comportements inavouables. Les apparences sont souvent trompeuses et ne servent qu'à dissimuler un mal-être qui ne tend qu'à exploser à la vue de tous. Tel est le point de départ de Desperate Housewives, montrer sous une autre facette et de manière volontairement comique et exagérée la vraie nature de ces « bons » Américains. Une bien riche idée mêlant habilement cynisme et intrigue obscure sous un air de soap opera malicieusement caricatural. Après le succès (mérité) de la première saison, il est temps de s'attaquer à la deuxième. Verdict : la série s'essouffle déjà, loin d'être dramatique le résultat n'est tout de même plus aussi probant.
Nouvelle saison, nouvelle intrigue
Il faut dire qu'il était dur de faire aussi bien que cette saison d'introduction où toutes les histoires étaient aussi prenantes, avec cependant un petit plus pour l'intrigue principale. Afin de redonner un peu de souffle à la série avec une fin de saison riche en révélations et en retournements de situation, les scénaristes ont ajouté une nouvelle aventure fort en suspens avec la venue de la famille Applewhite dont la cave recèle un lourd secret. Malheureusement, cette histoire secondaire ne prend jamais et c'est avec un "ouf" de soulagement qu'elle s'achève lors de l'épisode final. En contrepartie, les affaires de la famille de Mary-Alice redonnent un peu de piment à Desperate Housewives, à l'instar de son fond de commerce : les histoires respectives de quatre femmes désespérées et leurs lots de situations comiques et dramatiques.
Des histoires de vie...
Desperate Housewives garde ainsi le même système de fonctionnement, à savoir la narration séparée de la vie de ces quatre femmes, ponctuée ça et là d'un fil conducteur censé être la colle de tout ce bazar. Seulement, la colle n'est pas aussi forte pour tous et au final, les vies de Lynette, Susan et Gabrielle se trouvent détachées des autres histoires. C'est ce que l'on peut le plus reprocher à cette saison, d'éloigner encore les quatre amies et de ne voir que des histoires sans lien dont la qualité varie fortement.
La vie de Bree continue d'empirer avec l'explosion de sa bulle familiale qui promet des moments forts en scènes chocs et en drames. Lynette n'est plus une femme au foyer, la situation étant inversée par rapport à son mari, et on appréciera le côté cocasse et réaliste de leurs rapports. Gabrielle, reine de la manipulation, tente d'avoir un enfant et se rapproche de son époux pour des effets comiques assurés. Du côté de Susan, on suit toujours sa vie amoureuse qui semble coincée au point mort. Les scénaristes ont manqué d'imagination avec cette dernière et elle n'apporte absolument plus rien à la série, se faisant même voler la vedette par les seconds couteaux que sont son mari et sa rivale Eddie.
Second rôle, un vrai job dans Desperate Housewives
Il est d'ailleurs intéressant de voir l'importance que prennent les seconds rôles tout au long de cette saison, aussi bien sur le plan scénaristique que sur celui du charisme. Desperate Housewives n'est plus la vie de quatre femmes désespérées et de leur entourage mais la vie de quatre familles désespérées. L'apparition des compagnons est souvent aussi attendue que celle des héroïnes. L'interprète de Tom Scavo est d'ailleurs un acteur hors pair auquel on doit les meilleurs passages dramatiques et comiques. Gabrielle ne serait rien sans son mari et la paire formée par Bree et son fils est tout simplement inoubliable. En plus, les responsables du casting ont eu la riche idée de piocher dans la distribution de Code Lisa pour l'arrivée bienvenu de Lee Tergesen en personne à problèmes (ne jamais trop en dévoiler) et de Bruce Jarchow en avocat.
Les rois de la plume
Si ces personnages et acteurs ont le droit à autant de compliments, c'est avant tout grâce à la qualité d'écriture de la série. Chaque dialogue est délicieusement subtil, chaque petite pique assassine mûrement pensée et l'évolution des personnages suit généralement cette même logique (sauf pour Susan). Le ton acerbe et cynique tranche avec cette réalisation allégée portée par une musique espiègle qui fait toujours son petit effet. Il manque juste un peu de peps et de parfois de mordant pour satisfaire pleinement, à l'instar du dernier double-épisode qui en est le meilleur exemple.
On ne change pas les habitudes de Wisteria Lane, petite rue pas si tranquille que ça, où les situations les plus invraisemblables peuvent arriver à tout moment. Avec ses personnages haut en couleurs, en caractère et en secrets, ce quartier demeure le modèle subversif de la famille américaine haut de gamme (d'ailleurs comment gagnent-ils leur vie sans travailler...). Seulement, malgré ses dialogues percutants et quelques scènes de grandes qualités, Desperate Housewives perd de son niveau faute à des histoires répétitives (bonjour Susan) ou peu intéressantes (bonjour les Applewhite). Il n'en reste pas moins une série de haut niveau, certes un ton en dessous de la première saison, et qui a le mérite d'être autant divertissante, juste un peu moins addictive.
weirdkorn []

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