4/10V - 2009 - Saison 1

/ Critique - écrit par riffhifi, le 25/09/2010
Notre verdict : 4/10 - Vide (Ecrivez votre critique)

Tags : saison anna episode visiteurs series erica ryan

Remake insipide et sans imagination de la série des années 80, ce V nouvelle cuvée donne surtout envie de revoir l'original, malgré tous ses défauts et sa kitscherie visuelle.

Adapter les séries télé pour le grand écran, c'était bon pour les années 90 (Le fugitif, Mission impossible, Wild Wild West, etc.). Le truc du nouveau millénaire, c'est de faire des remakes de séries télé... en séries télé ! C'est à nouveau Le fugitif qui a ouvert la voie (dès 2000), et l'année dernière a vu éclore deux réinventions inattendues de classiques du petit écran : Le prisonnier et V. Dans le cas de la série au titre mono-lettre, il faut se souvenir de l'historique chaotique de l'œuvre originale : en 1983, Kenneth Johnson écrit et produit une mini-série
narrant l'arrivée sur Terre d'une flotte extraterrestre qui prend le pouvoir sournoisement ; les parallèles avec la Seconde Guerre Mondiale sont nombreux et ostensibles, et l'accent est mis davantage sur la métaphore politique et sociale que sur la science-fiction ; une deuxième mini-série appelée The Final Battle est immédiatement produite sans le concours de Johnson, et mise un peu plus sur l'action et le côté feuilletonesque ; en 1984, une série est mise en chantier, avec un budget plus réduit et des scénarios plus infantiles, et sera arrêtée au terme d'une unique saison, malgré un cliffhanger qui appelait clairement une suite ; depuis, Kenneth Johnson tente régulièrement de faire produire une suite appelée The Second Coming, qui ignoreraient les évènements de Final Battle et de la série... Mais la chaîne ABC, désormais détentrice des droits, préfère reprendre l'histoire à zéro, avec un nouveau casting et de nouveaux personnages. Dont acte : la diffusion de la première saison a lieu fin 2009 aux USA.

Pour ceux qui ont vu l'original, le scénario constituera un simple "jeu des 7 différences" : Diana s'appelle désormais Anna, Ham Tyler est rebaptisé Kyle Hobbes... une bonne partie des personnages sont mélangés, ou affectés d'un autre sexe (la journaliste collabo est ainsi remplacée par un homme), mais au final, les sous-intrigues développées sont toutes strictement identiques à celle de la série d'origine. Pourtant, les auteurs semblent vouloir s'éloigner de l'aspect "métaphore de la Seconde Guerre Mondiale", pour proposer au public
"Chéri, je peux zapper ?" "Oui chérie, il vaut mieux"
d'aujourd'hui une vision plus adaptée aux temps modernes, quitte à flirter avec une idéologie douteuse : ainsi, les terroristes seraient donc les avant-postes d'une invasion ? Les aliens seraient parmi nous pour nous gangréner de l'intérieur ? Hum... On se croirait revenu aux temps où la science-fiction américaine était le porte-étendard de la crainte des communistes. Le conservatisme de la série, s'il n'était pas déjà assez évident, se manifeste clairement à travers le personnage du prêtre, qui clame qu'on ne peut pas placer sa foi en Dieu et en les Visiteurs en même temps. Au pire, on peut imaginer que ce discours terriblement périmé résulte d'une maladresse des scénaristes : après tout, ils semblent incapables de faire la différence entre la résistance et la Cinquième Colonne, et font l'amalgame entre les reptiles et les insectes (balèze !).

Les fans de séries télé dresseront l'inventaire des visages connus : Joel Gretsch (Les 4400), Elizabeth Mitchell (Lost), Scott Wolf (La vie à cinq), Laura Vandervoort (Smallville), Nicholas Lea (X-Files), etc. Au niveau du spectacle, si le nouveau V exhibe des effets spéciaux plus réussis que son prédécesseur (notamment lors de quelques belles visions spatiales), il joue férocement la carte de l'ellipse et de la suggestion au sujet de l'apparence des envahisseurs. A force de cachotteries, on finit la première saison (de 12 petits épisodes seulement) en n'ayant aucune idée des objectifs des visiteurs, de leur stratégie, de leur apparence, de leur culture... et du côté de la résistance humaine, on reste sur l'impression qu'elle n'est constituée que de quatre ou cinq individus, sur une population humaine de plusieurs milliards. Un cliffhanger hâtivement amené constitue la seule raison de se pencher sur une deuxième saison à venir cette année.



#1 - Pilot
#2 - There is no normal anymore
#3 - A bright new day
#4 - It's only the beginning
#5 - Welcome to the war
#6 - Pound of flesh
#7 - John May
#8 - We can't win
#9 - Heretic's Fork
#10 - Hearts and minds
#11 - Fruition
#12 - Red Sky