Le spin-off n'aura pas perduré très longtemps. Quelques années après la fin de Stargate SG-1, ce fut au tour de Stargate Atlantis de tirer sa révérence, après cinq saisons où l'ombre de l'aînée planait sur chaque épisode. Et à l'instar de celle-ci, sa conclusion ne se fera pas au cours de l'ultime saison, mais par le biais de téléfilms qui vont forcément se faire attendre.
(les visuels de cette page ont été librement récupérés sur le site Stargate Fusion)

Prendre Samantha Carter pour remplacer Elisabeth Weir (saison 4) était une erreur. Déjà que le personnage de Weir n'avait aucune espèce d'intérêt dans le rôle récurrent du boss « bien-aimé » (un peu sévère mais juste) des équipes Stargate ; mais pire, Samantha semblait en position d'intérimaire, obligée d'acquiescer pratiquement tout - la blonde étant habituée aux situations de crise en tant que membre des équipes actives, et donc très consciente du poids inutile de la hiérarchie. Bref, une erreur, et les scénaristes s'en sont très vite rendus compte. Et c'est donc avec une certaine pointe de satisfaction que nous regardons le premier épisode de la saison 5 apprendre à Carter sa mise au placard, ce qui lui permettra en outre de placer sa petite expression d'étonnement / inquiétude favorite.
Et qui donc pour la remplacer ? La personne qu'il fallait, voyons, monsieur Robert Picardo en personne, alias Richard Woolsey ! Le personnage se positionnait jusque là comme un ennemi, ou plutôt comme une source de problème pour les équipes SG. Le voilà aux commandes de la station, avec tout le passif et le background de son personnage : gratte-papier, conservateur, strict sur les règles, un vrai rôle d'opposition aux attitudes débridées de Sheppard et sa clique. Du coup, les scènes tournées sur la base d'Atlantis en deviennent plus intéressantes, offrent une dynamique de personnages un peu plus vive, et évitent certains schémas trop réguliers que l'on retrouvait déjà dans SG-1. Dommage que le concept mis en place s'essouffle un peu dans la seconde partie de la saison, mais l'effort est à saluer.

Pour parler d'épisodes, nous restons en terrain connu, du moyennement bon et du mauvais. C'est donc avec une certaine lassitude que l'on subit le traditionnel épisode flashbacks qui ne sert pas à grand chose (E13 - Inquisition), mais avec un plaisir coupable que l'on savoure le jeu de David Hewlett retombant plus ou moins en enfance (E06 - Seconde enfance). Partout, cette ambivalence, clairement mise en valeur par le double épisode de milieu de saison (E10 - Premier contact et E11 - La Tribu perdue) : celui-ci présente une premier partie intéressante (Daniel Jackson inside), avec un cliffhanger assez sympa, puis bousille tout dans sa deuxième partie. Désappointant.
Pourtant Stargate Atlantis parvient parfois à créer la surprise, à la fois dans le bon sens et dans le mauvais. Tous les Possibles (E03) démarre sous de bon auspices, même si sa résolution se révèle très mineure ; et au bout opposé de la chaîne, Vegas (E-19) en est un autre exemple, petite histoire isolée qui n'apporte rien à l'histoire et encore moins à sa conclusion, mais qui a le mérite d'être pas mal écrite et de posséder une réalisation plus moderne. Avec ennui, nous subissons les efforts désespérés des auteurs pour créer des relations un peu plus profondes entre les personnages, échec sur échec - l'exemple le plus parlant étant cette intrigue amoureuse en forme de triangle impliquant McKay, Keller, et Ronon, qui tourne à vide.

Quel bilan peut-on tirer de ces cinq saisons ? Atlantis a su se créer une identité, mais celle-ci avait de nombreux atomes crochus avec SG-1. Peut-être même trop. Shepard n'avaient rien de bien original par rapport à Jack O'Neil, Teyla nous resservait grosso modo du Dr Jackson avec un zeste de baston, Ronon jouait le rôle de l'extraterrestre intégré à l'équipe à la place de Teal'C (avec une mentalité certes plus sauvage), et McKay... McKay faisait du Samantha Carter, indéniablement, mais son caractère un peu craintif et son incommensurable égo en faisaient le personnage le plus intéressant de la série. Et le plus drôle, du même coup.
Quant à l'histoire globale, rien de bien folichon non plus. Atlantis ignore les aspirations mythologiques de son aînée pour se concentrer sur de la SF pure, avec de l'extraterrestre vilain et méchant. Et la porte des étoiles commencent à opérer un retrait face aux nouvelles découvertes technologiques offertes par la cité des anciens (un statut de premier plan qu'elle perdra définitivement dans Stargate Universe). Et si certains épisodes sortent du lot, la plupart se basent sur des concepts SG-1 un peu adaptés pour l'occasion, ou sur des problématiques éculées qui laissent suspense et tension de côté.
En conclusion, un bon moyen de perdurer le plaisir que l'on a pu avoir en regardant SG-1, mais il ne faut pas s'attendre à des merveilles : ce spin-of s'avère en-deçà de son homologue. La saison 5 ne parvient pas à s'extirper de la qualité mitigée que la série se complait à conserver, et ne conclut rien. Attendons maintenant de voir les téléfilms...

Nicolas []

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