6/10Urgences - Saisons 9 à 13

/ Critique - écrit par riffhifi, le 01/11/2007
Notre verdict : 6/10 - Saison 9 (Ecrivez votre critique)

Tags : episode saison urgences abby carter luka pratt

Critique des saisons 9 à 13 : la série s'enfonce irrémédiablement dans la médiocrité et la redite, au rythme du départ des derniers représentants des saisons d'origine...

Arrivée en fin de huitième saison, la série déjà avait perdu la plupart de ses interprètes d'origine, et traité (souvent à plusieurs reprises) tous les types de situation qu'un hôpital est susceptible d'abriter. Cette saison s'achevait sur un cliffhanger dramatique destiné à fidéliser le public, technique qui sera désormais reprise à la fin de chaque nouvelle saison (un comble pour une série qui avait su se passer de cet artifice durant ses huit premières années)...

Attention ! La critique saison par saison peut nuire à l'effet de surprise...

Saison 9 : l'agonie

Laura Innes et Sharif Atkins
Laura Innes et Sharif Atkins
Plus de Mark Greene, plus de Peter Benton... Le Cook County n'est plus que l'ombre de lui-même. Dès lors, les scénaristes s'attachent à renforcer les liens existants entre les personnages récemment introduits : Pratt et Gallant se lient à Carter, Abby et Kovac dès le premier épisode, un des plus riches de la saison puisque non content de clore le cliffhanger concernant l'épidémie de petite vérole, elle montre Romano se faire couper le bras gauche par un hélicoptère. Une scène choc pour un épisode efficace, qui annonce cependant les excès à venir, et la nécessité pour les auteurs de remplacer la crédibilité hospitalière par une surenchère de sensationnalisme.
Kovac prend de l'étoffe, et le triangle amoureux Carter-Abby-Kovac devient le moteur de la plupart des épisodes.
Globalement, la saison 9 parvient à sauver les meubles, et reste sans doute le dernier vrai morceau de dignité de la série. Elle s'achève sur Carter partant rejoindre Kovac au Congo, la dernière bonne idée de la série puisqu'elle s'attache à montrer une réalité que le spectateur occidental a tendance à se cacher trop souvent.

Saison 10 : le dernier spasme

Parminder Nagra
Parminder Nagra
Visiblement, les auteurs ont cru que la série ne survivrait pas à sa dixième saison. Dix ans d'Urgences, c'est un compte rond, ont-ils sans doute pensé. Forts de cette supposition, ils ont lâché les vannes sans retenue, déchaînant les feux de l'enfer sur l'hôpital. Non contents d'introduire deux personnages grossièrement caricaturaux, la bombasse Samantha Taggart (Linda Cardellini) en infirmière râleuse et l'arrogant rouquin Archie Morris (
Scott Grimes) en toubib tristement incompétent (incapable d'approcher un patient sans aggraver son cas), ils multiplient les attaques à main armées, les chutes d'hélicoptère (malheureusement pas annoncées par la météo), les suicides à coup d'incendie de voiture, et achèvent la saison par une course-poursuite digne d'un mauvais film d'action.
Pas mécontents de leur travail, les scénaristes se frottent les mains à l'idée d'avoir livré une dernière saison nulle mais rigolote. Malgré la fin en suspens, ils ne croient pas un seul instant que la série va être reconduite pour une onzième année.

Saisons 11 à 13 : asystolie

Scott Grimes
Scott Grimes
Et pourtant, boum, saison 11. Clairement, les scénarios tournent désormais à vide. Noah Wyle annonce son départ, ce qui aboutira à la perte du seul personnage subsistant depuis la saison 1 : John Carter. Alex Kingston réalise que depuis le départ de Benton, Greene et Romano, le personnage de Elisabeth Corday n'a plus rien à faire à l'hôpital : elle prend elle aussi ses cliques et ses claques. Ming-Na estime à son tour que son personnage de Jing-Mei a fait son temps, et elle vide les lieux. Pour remplir les couloirs de l'hôpital, on invite le jeune Dr. Ray Barnett (Shane West) à jouer les rebelles pendant que Neela Rasgotra (Parminder Nagra), introduite dans la saison 10, prend un peu plus d'importance dans la série.
La saison 12 montre une nouvelle fois qu'il n'est plus question depuis longtemps de montrer la vie quotidienne d'un hôpital, mais simplement de dérouler une litanie de gags, de rebondissements échevelés et d'histoires de coucheries entre personnages interchangeables. Kovac plaque Samantha pour Abby, à qui il fait un bébé dans la foulée. Michael Gallant (Sharif Atkins) épouse Neela, et meurt quelques mois plus tard en Irak... On nage en plein soap, et les brèves apparitions de Carter en guest stars ne changent rien à l'électrocardiogramme plat des Urgences. Susan Lewis et son interprète Sherry Stringfield sont à nouveau parties, après être revenues en début de huitième saison. Avouez que ça devient difficile à suivre, si ça ne l'était pas déjà.
La saison 13 enfonce un nouveau clou dans le cercueil en supprimant un des derniers éléments de l'identité de la série : le générique. Désormais remplacé par un jingle de quelques secondes qui serait plus adapté à une émission de variété qu'à une série de fiction, il permet au spectateur de la première heure de douter sérieusement qu'il existe une continuité entre ce qu'il a vu en 1994 et ce qui se passe actuellement. John Stamos, dans le rôle de l'impertinent (ils le sont tous) Dr. Tony Gates, parvient à se taper Neela moins de six mois après la mort de son mari. Archie Morris assure la supervision des urgences depuis que quelqu'un a décidé qu'un imbécile prétentieux et nullard était le mieux placé pour occuper ce poste. Tout va donc pour le mieux, à part les courbes d'audience qui laissent à penser que les producteurs vont se décider à débrancher la série à la fin de la saison 14... Une supposition confirmée par les rumeurs qui courent autour d'un épisode final qui réunirait un maximum d' « anciens » des urgences.

Au cours de ces dernières saisons, on aura eu la confirmation qu'il ne fait pas bon travailler aux urgences de Chicago : si vous n'arrivez pas déjà avec un Alzheimer ou la maladie de Parkinson, vous risquez de repartir avec le SIDA, une tumeur qui vous est fatale en moins de deux ans, un ou plusieurs membres en moins... Et si vous avez la chance de vous faire opérer d'une jambe qui vous oblige à utiliser une canne depuis vingt ans, ce n'est que pour mieux vous faire virer l'année suivante, après onze ans de bons et loyaux services. Le mieux qui puisse vous arriver est d'épouser quelqu'un de l'hôpital et de lui faire un enfant pour remplacer ceux que vous avez perdu (en même temps que votre femme) dans une guerre. Mais attention, votre enfant peut aussi être mort-né.
Heureusement, pour se détendre, l'hôpital accueille régulièrement des fusillades et des prises d'otage, ou organise des quarantaines pour renforcer la convivialité...