9.5/10Dexter - Saison 4

/ Critique - écrit par riffhifi, le 25/03/2010
Notre verdict : 9.5/10 - Daddy Dexter (Ecrivez votre critique)

Tags : dexter saison rita trinite tueur episode mitchell

Pour Dexter Morgan, l'heure est venue de grandir. Père de famille, il découvre à quel point il est difficile de rester serial-killer sur son temps libre... Et la concurrence est sévère ! Incroyablement prenante, malicieuse et bien écrite, cette quatrième saison pourrait être simplement la meilleure à ce jour.

Après une troisième saison décevante (tout est relatif) et une websérie sans grand intérêt (Early Cuts), la quatrième fournée de Dexter pouvait très bien tourner à la farce ou emprunter le chemin de la platitude : le héros devient papa, ses tribulations se sont enfermées dans une forme de routine... Pourtant, avec une maestria digne des deux premières saisons, les auteurs reprennent la série en main, faisant de ses potentiels défauts la source de nouveaux atouts.

Les constantes : Dexter Morgan est toujours analyste pour la section homicide de la police de Miami, et il continue à assassiner secrètement des coupables pour
satisfaire ses propres pulsions de meurtre. Les nouveautés : il vient d'emménager Dexter - Saison 4avec Rita et ses enfants, dont le dernier est de lui ; le marmot s'appelle Harrison, comme le père adoptif de Dexter qui lui avait appris la méthodologie du serial-killing... Mais les tueurs sont légion en Floride, et le dernier en date se distingue par sa longue carrière, menée à travers la totalité des USA : le Trinity Killer choisit systématiquement une jeune femme, une mère et un père à qui il donne la mort selon un rituel bien spécifique. De quoi faire revenir en ville l'agent spécial retraité du FBI Frank Lundy, qui n'est autre que l'ex de la sœur de Dexter, l'inspecteur Debra Morgan ; bien qu'elle vive désormais avec le séduisant Anton, résistera-t-elle au charme du baroudeur ? Toujours au rayon des relations coupables : l'inspecteur Quinn sort avec une journaliste qui lui soutire des informations, tandis que le lieutenant LaGuerta et le sergent Batista doivent cacher leur romance aux yeux de leurs collègues et de leur hiérarchie. Loin de virer au soap opera stérile, cet enchevêtrement de situations périlleuses constitue un solide parallèle aux activités de dissimulation de Dexter lui-même, sans cesse sur la corde raide, toujours en train de jongler entre son travail, sa famille de plus en plus prenante et son "hobby". Cette simple gymnastique, admirablement décrite à coups de sous-intrigues pertinentes (l'épisode 4, Dex takes a holiday, est particulièrement réussi) aurait suffi à mettre cette saison au-dessus de la précédente, qui stagnait à de nombreux niveaux. Mais la présence de "Trinity", incarné par un sidérant John Lithgow (Golden Globe du meilleur second rôle, pas volé), emporte ces douze épisodes vers des cimes bien plus élevées...


Acteur multitâches, connu entre autres pour son rôle dans la sitcom 3ème planète après le soleil, John Lithgow a failli décrocher le rôle d'Hannibal Lecter en 1990, avant d'être coiffé au poteau par Anthony Hopkins. A voir sa performance ici, on se dit qu'il aurait pu sans peine convaincre dans le rôle du cannibale... Alternant la bonhomie cordiale et la menace glaçante, le tueur aux deux visages irradie de dangerosité, et renvoie à Dexter l'image de ce qu'il pourrait être - ou devenir. L'heure est venue pour le trentenaire de s'interroger : pourquoi a-t-il choisi de se marier et d'avoir un enfant ? pour faire de sa famille une couverture, ou pour leur prodiguer l'amour et la protection dont ils ont besoin ? est-il capable de cette humanité ? doit-il se renier pour devenir adulte ? ou au contraire, évoluer pour être heureux ? Après avoir envoyé valser le "code de Harry", il découvre qu'il n'est pas si facile d'établir ses propres règles, et si la mise en danger est indispensable à son bonheur, peut-être que son bonheur lui-même le met en danger...

Proposant à la fois une chronique familiale très juste, fine analyse des rapports humains et sentimentaux (malgré sa nature de métaphore cynique alimentée à l'humour noir), et un thriller feuilletonesque ultra-tendu aux multiples ramifications, du genre qui pousse à se bouffer les doigts pendant le visionnage, Dexter a magistralement redressé la barre tout en posant les jalons d'une suite que l'on attend d'ores et déjà de pied ferme.


#1 - Living the Dream
#2 - Remains to be seen
#3 - Blinded by the light
#4 - Dex takes a Holiday
#5 - Dirty Harry
#6 - If I had a Hammer
#7 - Slack Tide
#8 - Road Kill
#9 - Hungry Man
#10 - The Lost Boys
#11 - Hello, Dexter Morgan
#12 - The Getaway