Biographie de Justin Hartley
On a longtemps pris Justin Hartley pour un physique. Un beau gosse de la télé américaine, mâchoire carrée et sourire de dentifrice, le genre qu'on case dans un feuilleton l'après-midi et qu'on oublie le soir venu. Sauf qu'en 2026, à quarante-neuf ans, ce beau gosse tient à lui seul l'émission la plus regardée de toute la télévision américaine. Comme quoi.
Né le 29 janvier 1977 à Knoxville, dans l'Illinois, grandi à Orland Park, il se destinait plutôt au sport, baseball, basket et foot, avant qu'une blessure ne referme cette porte-là. Il pousse alors celle du théâtre à l'université, file à Los Angeles, et débute par le bas de l'échelle, le vrai : le soap. De 2002 à 2006, il est Fox Crane dans Passions, ce feuilleton de l'après-midi que la critique toise et que le grand public gobe avec plaisir. On y apprend pourtant un métier redoutable, jouer vite, jouer beaucoup, tenir la caméra six heures par jour. Une école dure. Il y reviendra, de 2014 à 2016, pour camper Adam Newman dans Les Feux de l'amour (si si), et décrocher au passage une nomination aux Daytime Emmy.
Entre-temps, il devient le premier acteur à donner chair au Green Arrow de DC. Oliver Queen, milliardaire justicier sans super-pouvoir mais bien outillé, sept saisons durant dans Smallville. Et Hartley ne se contente pas de décocher des flèches : il écrit un épisode, en réalise un autre. Le mannequin, comme on disait un peu vite, a des idées derrière la caméra.
Vient alors le rôle qui change tout, et l'ironie est complète. En 2016, This Is Us lui confie Kevin Pearson : un acteur beau gosse que tout le monde prend pour un simple beau gosse, et qui s'épuise à se faire prendre au sérieux. Un rôle taillé dans son propre bois. La série cartonne, la troupe rafle un SAG Award d'ensemble, lui empoche trois nominations aux Critics' Choice et passe même derrière la caméra pour signer quelques épisodes.
Restait à devenir patron. C'est Tracker, depuis février 2024, adapté des romans de Jeffery Deaver : Colter Shaw, pisteur solitaire qui monnaie ses talents pour retrouver les disparus, une enquête bouclée par épisode, du procédural CBS comme on n'ose plus en faire. Et là, le petit miracle. À l'heure où chacun jure que les vrais succès ont filé vers les plateformes, ce brave feuilleton du dimanche soir a détrôné NCIS dès sa première année et s'installe numéro un. Hartley n'y est pas qu'une tête d'affiche, il en est producteur exécutif, et sa femme y passe même faire un tour. CBS a commandé une saison 4 pour 2026-2027. Le pisteur a du gibier pour un moment.
Le reste tient en deux lignes : quelques comédies (A Bad Moms Christmas, Senior Year), une romance de Noël chez Netflix, un peu de doublage. Côté coulisses, trois mariages, dont un très exposé avec Chrishell Stause qui s'est défait sous les projecteurs, et depuis 2021 une union plus discrète avec Sofia Pernas, croisée aux Feux de l'amour. Une fille, Isabella.
L'essentiel, lui, n'a rien d'un mannequin : un type parti du sous-sol le moins prestigieux de la télé, qui a bossé, écrit, réalisé, produit, et qui règne aujourd'hui sur l'audience en misant précisément sur ce qu'on jugeait ringard. Qui aurait parié un kopeck là-dessus ? Pas moi.





