Aller au contenu

Te revoilà

Un seul compte pour le site et le forum.

ou

Séries & TV Critique
Slow Horses

Slow Horses - Saison 5

Notre note : 3,5/5

Peinture fraîche.

Votre note pour Slow Horses :

Cinquième saison, cinquième voyage à Slough House : ça glisse de plus en plus vite, l’intrigue libyenne s’oublie en refermant la saison, et on y retourne quand même pour ces abîmés de la vie, tarés et attachants, sacrément à la ramasse et pas très pros. Un pot de peinture, lui, restera dans nos souvenirs.

On avait laissé Slough House en deuil : Marcus mort en fin de saison 4, River avec un grand-père qui perd la tête et un père biologique qu’il aurait préféré ne jamais rencontrer. La saison 5 rouvre le placard et, disons-le tout de go, c’est une bonne saison, la même que les autres, ce qui chez Slow Horses est plutôt un compliment.

Je regarde cette série toujours de la même façon : j’attends que la saison soit complète, puis je l’enchaîne sur quelques soirs, parfois quelques semaines, et je serais bien incapable de vous raconter l’intrigue des précédentes. Des dormants russes, des mercenaires qui enlèvent Standish, une pouponnière de tueurs quelque part en France… je mélange. Ça n’a aucune importance, et c’est même la grande force de la série : on oublie les intrigues, on garde les personnages. Cette fois, il est question d’une tuerie à Londres, d’un maire en campagne face à un populiste, de voitures qui brûlent, de manchots qui explosent au zoo, et d’une cellule libyenne venue se venger de la chute de Kadhafi. Pfff. L’intrigue libyenne est le creux de la saison, et à l’heure où j’écris ces lignes j’ai déjà un peu de mal à en refaire le fil.

Le pot de peinture, en revanche, je m’en souviendrai. Épisode 4 : River et Coe sont censés protéger le candidat populiste pendant son meeting, une bagarre éclate dans une ruelle, River sort son arme, Coe descend de son échafaudage, et un pot de peinture tombé de là-haut tue l’homme qu’ils devaient garder en vie. Épique. C’est la série résumée en une scène, et l’explication de pourquoi ces gens-là ont été écartés du vrai service et relégués dans un placard : la poisse, chez eux, a un sens du timing.

Et Lamb, dans tout ça ? Gary Oldman n’en fait pas plus qu’avant, et pour cause : Jackson Lamb est sa propre caricature depuis le premier épisode, il n’y a donc plus rien à aggraver. On voit bien qu’il a un petit cœur, empathique même, mais si bien caché qu’il reste un connard quand même. Cette saison le montre emmener Roddy dîner sur un toit, sauver la peau de tout le monde à coups d’eau de Javel, et raconter aux Dogs une histoire de torture par la Stasi qu’il jure inventée. On n’est pas obligé de le croire.

Autour de lui, la troupe au complet : River Cartwright (Jack Lowden), le fonceur qui n’apprend jamais ; Diana Taverner (Kristin Scott Thomas), celle qui gagne à la fin sans avoir l’air d’y toucher ; Catherine Standish (Saskia Reeves), la secrétaire qui voit tout ; Roddy Ho (Christopher Chung), le génie informatique insupportable, et amoureux cette saison, ce qui n’arrange rien ; Shirley Dander (Aimee-Ffion Edwards), la cogneuse en deuil de Marcus, seule à avoir raison pendant deux épisodes sans que personne ne l’écoute ; J.K. Coe (Tom Brooke), le muet à casque qui se met à parler et à réfléchir ; et Claude Whelan (Nick Mohammed), le patron du MI5 qui n’aurait jamais dû l’être. Aucun ne fait de la figuration, c’est assez rare pour être dit, et c’est Shirley que la saison suit de plus près, si tant est qu’on grandisse en se prenant des coups.

Est-ce que ça se regarde plus vite parce que c’est plus court ? Un peu : la première saison faisait cinq heures, celle-ci quatre heures et demie, avec deux épisodes de quarante minutes au milieu, les plus courts de la série. Mais c’est surtout une affaire d’habitude. Au fil des saisons on connaît la maison, ses escaliers, ses vacheries, et ça glisse : la série ne s’essouffle pas, elle devient plus lisse, donc plus oubliable, ce qui est une autre façon de s’user. On y retourne quand même, parce qu’on a toujours envie de les regarder, ces tarés. Six épisodes, un seul réalisateur pour toute la saison (Saul Metzstein, propre et sans chichi), et un rythme qui n’a jamais cherché la vitesse : ni le compte à rebours de 24 ni les mystères de Lost, un bureau qui sent le tabac froid, sous la pluie, où des gens qui se détestent se sauvent la vie.

Attention : le paragraphe qui suit révèle la fin de la saison.

Le dernier épisode expédie l’ambassade de Libye et l’attaque du mémorial en trois quarts d’heure, puis fait ce que la série fait de mieux : les comptes. Whelan démissionne, piégé par la bande enregistrée du pot de peinture ; Taverner prend enfin le fauteuil qu’elle vise depuis cinq ans ; River reste au placard ; et le tout dernier plan montre le pied de Lamb, couvert de cicatrices. L’histoire de la Stasi, c’était donc la sienne. Ce n’est pas un cliffhanger qui empêche de dormir, plutôt une porte laissée ouverte.

  • 6 épisodes de 40 à 52 minutes
  • 24 sept. → 29 oct. 2025 sur Apple TV, un épisode par mercredi
  • 16 sept. 2026 la saison 6, jusqu’au 21 octobre

Un conseil de fidélité : attendez que la saison soit complète et enchaînez-la en quelques soirs, c’est comme ça qu’elle se regarde le mieux ; et en VO, évidemment, comment voulez-vous regarder une série anglaise sans l’accent ? La saison 6 arrive dès le 16 septembre, avec une particularité : elle adapte deux romans de Mick Herron d’un coup, et Will Smith, l’auteur de la série depuis le début, a passé la main. Espérons que Slough House ne se mette pas à courir…

Dans le même esprit